Sugoi ! Canaan ! Sugoi !Classé dans : Animes

Je n'aime pas Type-Moon. Vu que la promotion de cet anime s'articulait essentiellement autour de la présence de Kinoko Nasu (auteur) et Takashi Takeuchi (chara designer), je n'avais aucune envie de le regarder. Mais en apprenant que Canaan ne ressemblait pas à du Type-Moon, je me suis dis que finalement, il valait peut-être le coup.
Si j'ai bien tout compris, Canaan est adapté du scénario bonus d'un jeu vidéo nommé 428, auquel Nasu et Takeuchi auraient participé en temps que guest stars. Mais d'autres ont fait des recherches plus approfondies à ce sujet, je vous laisserai donc lire leurs explications. Pour ma part, je me moque de savoir de quoi cet anime peut bien être l'adaptation, seul le résultat final m'importe.

Tout commence dans un Shanghai à la fois meurtrier et coloré, où la fête se mêle avec des scènes assez violentes impliquant de mystérieux assassins masqués, d'étranges hommes qui semblent devenir fous si exposés à la lumière, et surtout Canaan, notre jeune tueuse aux cheveux blancs, disposant d'un pouvoir nommé synesthésie. La synesthésie est un phénomène neurologique qui associe différents sens entre eux. Chez Canaan, tous les sens seraient associés simultanément, et cela lui donnerait des facultés exceptionnelles pour l'assassinat. Dans les faits - d'après ce que nous explique Canaan et ce que nous voyons à l'écran - son pouvoir s'apparente plus à la perception de l'aura des personnes qui l'entourent ; selon les pratiques bouddhistes, l'aura est un halo qui représente l'intelligence, la sagesse, les émotions, ou encore les états de santé d'une personne, et qui sait la percevoir et la déchiffrer est capable de tout savoir sur cette personne. Ici, cela permet notamment à notre héroïne de détecter les gens avec un instinct meurtrier, mais il y a aussi des applications plus farfelues.

C'est dans ce contexte que débarque Maria, jeune photographe qui doit sa vie à Canaan et semble douée pour attirer les ennuis. Cela ne manque pas, et elle se retrouve très vite poursuivie par les hommes masqués, et sauvée par sa grande amie (et plus si affinité) Canaan.
A partir de là, tout s'enchaîne : nous en apprenons plus sur les marques que portent les cibles des assassins, il devient question d'un virus, d'une organisation terroriste, d'un village disparu, d'expériences humaines, et d'êtres dotés de facultés étranges. L'histoire progresse très vite avec d'un côté le collègue de Maria et sa fibre journalistique, et de l'autre Canaan qui enchaîne pirouettes, saltos, et dézinguage de méchants à grands coups d'arme automatique.
Canaan - la série, pas le personnage - se présente comme un anime extrêmement dynamique, bien rythmé, qui explose de partout et avec un scénario qui tient à la fois la route et ses promesses. Par contre, mieux vaut oublier son bon sens au vestiaire, car beaucoup d'éléments manquent singulièrement de crédibilité, ce qui contribue encore à l'ambiance colorée et explosive de la série : nombre de personnages ont une case en moins - Liang Qi la sadique et son larbin masochiste, l'hyperactive Yun-Yun, ou encore le chauffeur de taxi fan de Nene-chan - et cela se ressent forcément dans leurs actions, avec par exemple un président américain qui se met à crier "Love & Peace" en pleine conférence sur le terrorisme.

Canaan aurait continué sur le même registre toute la série, cet anime aurait été une de mes excellentes surprises de l'année. Sauf que cela ne dure pas.
Dans la seconde moitié, fini Shanghaï et ses délires, bonjour les déserts poussiéreux et les drames humains, avec une bonne partie des personnages qui deviennent encore plus cinglés qu'ils ne l'étaient au départ. Le scénario s'embourbe et passionne moins, Canaan a moins l'occasion de briller à l'écran et cela se ressent énormément au niveau du rythme, donc de l'intérêt des épisodes. Même Minoru et Yun-Yun ont moins envie de rire, ce qui est forcément dommage. Décidément, l'ambiance est plus morose, plus lourde, et même plus glauque. Là, je retrouve Nasu.
Le côté parfois illogique du scénario sur cette seconde partie pousse même à s'interroger plus longuement sur ce que nous avons pu voir pendant l'excellent début de l'anime, et là nous nous rendons compte que certaines situations - aussi plaisantes soient-elles - semblent dépourvues de tenants et d'aboutissements.

Cet anime s'est perdu en route, clairement. Il y avait de quoi faire un excellent titre à mi-chemin entre Noir et Darker than Black, et finalement la seconde moitié plombe un peu l'ensemble. Pour autant, je ne regrette pas d'avoir regarder Canaan : c'est un anime très divertissant. Rien que parce que sa première moitié est aussi énergique et barrée, il mérite largement le coup d'œil ! Je sais que le titre de l'article peut sembler disproportionné compte-tenu du jugement final, mais ceux qui ont vu la série comprendront ; les autres n'auront qu'à regarder.
Par contre, si vous attendez du Kara no Kyokai ou du Tsukihime, ce n'est même pas la peine d'essayer.

Canaan de Kinoko Nasu et Masahiro Ando
13 épisode - 2009
Tags: Animes, PA Works, Type-Moon
- Permalink
- gemini
- 9 oct 2009 9:14
- Commentaires (3)
octobre 9th, 2009 at 23 h 46 min
Pas vu, mais je me lance quand même…
« Sugoi ! Canaan ! Sugoi ! »
— Maria, à propos de Canaan
Sinon, tu conseilles de laisser tomber à partir de quel épisode ? (histoire de rester sur une bonne impression et de s’imaginer une suite géniale)
octobre 10th, 2009 at 8 h 41 min
@précédent > regarde jusqu'à l'épisode 5
octobre 14th, 2009 at 1 h 19 min
Entre ton avis et celui de FFenril, j'ai de moins en vie de continuer la série... déjà qu'elle ne m'intéressait pas plus que ca, je suis encore moins motivée, maintenant. Dommage.