Crustacés et Animation JaponaiseClassé dans : Animes

Je n’aime pas le homard. Je sais que beaucoup adorent ça, en mangeraient en grande quantité et avec délectation, mais je n’aime pas. Les goûts et les couleurs, sans doute.
Bounen no Xam’d est un homard : la plupart de ceux qui ont vu cet anime l’ont apprécié, mais je ne l’aime pas pour autant.
Bon, l’histoire du homard, des goûts,des couleurs et tout, ce n’est jamais qu’un moyen de me justifier car je sens que sinon - comme par le passé, quand j’ai donné mes avis sur Gurren Lagann ou Fullmetal Alchemist - je vais me prendre des “si tu n’as pas aimé, c’est que tu n’as pas compris” et autres joyeusetés en pleine figure. J’ai l’habitude, mais voir des personnes théoriquement intelligentes ne pas accepter (je ne demande même pas de comprendre) les opinions des autres, je trouve cela ridicule ; donc je prends et les devants. Et toujours pour prendre les devants, je précise que je ne dis pas du mal de Bounen no Xam’d juste “pour ne pas faire comme tout le monde”.
Rien que le fait que des expériences précédentes m’obligent à me justifier préventivement est risible. Je n’aime pas = je n’aime pas. Point. Mais j’explique pourquoi, au moins.
Voilà, ce petit détail étant réglé, je peux passer à mon opinion proprement dite.
Akiyuki est un garçon comme les autres, vivant sur l’île de Sentan, dans une zone libre à l’écart de la guerre. Mais alors qu’il prend le bus pour se rendre à l’école, une fille aux cheveux blancs provoque une explosion ; lui s’en sort, mais se transforme en une étrange créature : un Xam’d. Protégé par Nakiami, qui le soigne et lui redonne son apparence humaine, Akiyuki devient malgré lui un membre d’équipage du vaisseau postal sur lequel vit sa sauveuse.
Alors visuellement, ça claque: c’est récent, c’est soigné, c’est ce qui se fait de mieux en la matière. Studio Bones oblige, dira-t-on. L’animation est excellente pour ce type de produit, les décors recherchés et détaillés, les musiques rappellent un peu Fullmetal Alchemist et Fantastic Children mais avec un générique de début bien entraînant ; pour magnifier le tout, la réalisation est elle-aussi excellente, sans exagération ni effets superflus.
Que demande le peuple ?
Seulement si cela suffisait pour faire un bon anime, ça se saurait.
Un bon anime, c’est un ensemble : la qualité technique intervient, mais cela repose aussi - et surtout - sur un scénario et sur une ambiance. Or là, tout de suite, ça “claque” beaucoup moins ; à la fois au niveau des thèmes abordés, que de la façon dont ce scénario est bâti.
En fait, dans les thèmes abordés, je vois surtout un problème de taille : le coup des humains transformés en monstres pour la guerre ou par des fanatiques de tout poil ; des gens qui n’avaient rien demandé à personne, parfois qui ne font de mal à personne après la transformation, mais qui vont s’en prendre plein la gueule. Ca me rappelle cet anime où un père fait de sa fille une créature hybride en la mélangeant avec leur chien. Mais c’est carrément glauque ! Et un moment, ce sont carrément une mère et son gamin qui y passent. Je suis le seul à trouver cela absolument immonde ? J’ai beau savoir qu’il ne s’agit que d’un anime, c’est le genre de trucs qui me donnent envie de gerber.
Mais ça, encore, ce n’est qu’un point de scénario, et pas foncièrement un défaut du moment que cela ne gêne pas la majorité des téléspectateurs. Sauf que les problèmes du scénario ne s’arrêtent pas là.
Dans notre monde, il existe quelque chose appelé la causalité, ou si vous préférez le rapport cause-effet selon lequel tout effet possède une cause ; même si nous ignorons quel cause à créer un effet, tant que l’effet existe nous savons que la cause aussi.
Dans une histoire, les choses sont un peu différentes : un auteur crée des effets, mais rien ne l’oblige à parler des causes. Il n’a même pas l’obligation de trouver des causes aux effets qu’il met en place. Néanmoins, pour la cohérence de son histoire, mieux vaut les trouver, ces causes ; et tant qu’à les imaginer, il les décrit. Au final, si un effet ne semble avoir aucune cause logique dans une histoire inventée, c’est qu’il n’y a sans doute pas de cause logique, justement. Dans Bounen no Xam’d, c’est exactement cela : la plupart des événements semblent n’avoir aucune origine, aucune cohérence ; les scénaristes ont des idées, il les mette en pratique, mais elles donnent l’impression de n’avoir aucun lien avec le reste de l’anime. De la même façon, l’histoire ne semble pas posséder de ligne directrice, c’est particulièrement vrai à partir du moment où l’action se déplace en dehors du vaisseau postal. Et parfois, il y a juste des incohérences, ou des hasards trop fortuits au “timing” trop parfait.
Mais le plus rageant, c’est que j’appelle le “syndrome Spiral”, du nom d’un anime extrêmement frustrant. Cela consiste à attirer le spectateur et à le pousser à suivre les épisodes, grâce à un certain nombre de questions qui doivent trouver leurs réponses au fur et à mesure de la série ; et à la fin, aucune réponse. Pour moi, c’est exactement ce qui se passe dans Bounen no Xam’d : de nombreuses réponses ne nous sont pas dévoilés ; et comme nous ne sommes pas dans un monde réel - j’en reviens à mon histoire de cause et d’effet - je doute même que ces réponses existent dans la tête de leurs auteurs.
Je vois cela comme de l’arnaque pure et simple. Après, si cela vous amuse, vous pouvez toujours essayer de combler les failles du scénario avec les explications qui vous arrangent ; de la même façon que ces fans qui cherchent à donner un sens au pseudo-mysticisme religieux de Neon Genesis Evangelion.
Je lis par-ci par-là des internautes considérer le scénario de cet anime comme complexe. Pour moi, c’est juste du foutage de gueule ; bien emballé par une superbe maîtrise technique, mais du foutage de gueule quand même : les scénaristes ont voulu noyer les spectateurs avec une histoire qui part dans tous les sens et qui semble profonde au premier abord, mais qui ne possède en réalité aucune logique interne.
Tout ce que j’ai considéré comme de grosses lacunes, ajouté à mes griefs contre un des thèmes de cet anime, expliquent pourquoi je ne l’ai pas du tout aimé ; pour en revenir à mon histoire de plaisir, j’en aurais rarement pris en regardant Bounen no Xam’d, surtout à partir du moment où l’héroïne quitte le vaisseau postal.
Quand je pense que cet anime était présenté comme un des titres phares de 2008, ça me fout les jetons. En fait, la plupart des animes de 2008 considérés comme les meilleurs que j’ai vu ont été décevants ; les autres sont encore en cours de diffusion. J’ai trouvé que Kaiba n’était que l’exercice de masturbation d’un scénariste, avec seulement deux bons passages : un moment triste et un combat de mécha. Kannagi n’est que le clone d’une cinquantaine d’animes déjà existant. Code Geass R2 ne vaut pas mieux que son prédécesseur, et son remake du Plan de Complémentarité de l’Homme ne joue pas en sa faveur. La traduction de Nijuu Mensou Musume et Mouryou no Hako n’est pas terminée (j’attends), et Kaiji - commencé en 2007 - vient de fait rallonger la longue liste des bons animes de 2007, bien que beaucoup le classe comme un titre de 2008. Je ne prendrais même pas la peine de parler de Detroit Metal City et de Kara no Kyokai. Au final, cela fait quand même un paquets de homards… Enfin, tous les goûts sont dans la nature.
Alors bien sûr, je n’ai pas vu toute la production de 2008, mais pour l’instant, les seuls animes potables de cette année qui je connaisse sont au nombre de quatre : les OAV de Baccano, celui de Lucky Star, Allison to Lilia, et Le Recueil de Faits Improbables de Ryoko Yukishiji. C’est peu.
Je vais retourner à mes oldies, je sens.
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- gemini
- 14 fév 2009 10:13
- Commentaires (1)
avril 24th, 2009 at 22 h 17 min
[...] à ce qu’on peut lire ailleurs, le homard c’est succulent Faute de moyens, l’équipe du G-Truc n’a pas trouvé [...]